Quelques précautions...

LE CHEMIN VERS LES HERBES SAUVAGES
Mon arrière grand-mère, dite "mamie Tremblay", portait un grand tablier de grosse toile sombre avec deux grandes poches sur le devant. En fin d'après-midi elle partait souvent avec une serpette à la main derrière la maison pour cueillir "des herbes". Elle revenait les deux poches pleine d'orties et d'autres choses dont je ne me rappelle pas. Puis elle faisait une soupe. La première fois qu'elle m'a emmenée avec elle, je lui ai dit "tu ne vas pas mettre ça dans la soupe?!". J'étais petite, plutôt adepte des boîtes de ravioli et de crème Montblanc. Je pensais que c'était une bonne blague. Nous avons fait la "soupe aux herbes" ensemble, et j'ai trouvé cela bon. Mamie Tremblay est partie trop tôt. Elle n'a pas pu me transmettre ses secrets de sorcière, mais j'ai gardé le goût des herbes folles, et depuis moi aussi, je fais souvent de bonnes blagues à ma famille et mes amis en leur préparant des plats à bases d'herbes qui poussent autour de notre maison...

LA RECONNAISSANCE DES PLANTES SAUVAGES COMESTIBLES
Les plantes que vous allez manger, vous devez les reconnaître les yeux fermés. C'est à peine une plaisanterie. Pour éviter toute confusion, vous devez être à ce point familiarisé avec la plante, que vous êtes capable de la reconnaître sans la voir: au toucher, à l'odorat et pourquoi pas à l'ouïe.  Commencez donc par les orties! Cette plante (Urtica Dioicaest suffisamment reconnaissable au toucher... Mais c'est le cas aussi de la Grande Berce (Heracleum sphondylium) ou du Bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus) et sans avoir à se piquer!


QUELQUES RAPPELS:
- on ne cueille que lorsqu'on est à 100% sûr, d'autant plus si on partage la cueillette.
- les enfants sont plus sensibles à une intoxication du fait de leur petite taille.
- on évite de cueillir trop d'une même plante au même endroit, et on arrache pas la racine (on peut s'aider d'un couteau voir d'un ciseau). On ne prélève que si la plante pousse en abondance, et avec modération.
- les plantes sauvages sont TRÈS riches en nutriments, sels minéraux, protéines... gare aux excès quand on démarre, sinon vous pourriez bien avoir la "courante".
- quand on a des rhumatismes ou des problèmes reinaux, on mange les plantes de la familles des épinards (Chénopodiacées) avec parcimonie (pour plus de sécurité, cuisson à deux eaux en jetant l'eau de cuisson à chaque fois).
- quand on est allergique, notamment au pollen, on est attentif à ses réactions. Si la consommation d'une plante semble activer une crise, on s'abstient de la consommer ensuite.
- pour travailler la reconnaissance des plantes, il est idéal de commencer en été lorsque la plante est mature et entièrement déployée (feuilles, fleurs, graines). Regardez-la bien, identifiez-là, et revenez au même endroit au printemps pour voir à quoi elle ressemble.
- rappelez-vous, ce qu'on nomme "mauvaises herbes" au potager, sont parfois d'excellentes comestibles. Halte au désherbage intempestif!!!
- lorsque vous aimez particulièrement une plante sauvage essayez de la réintroduire au jardin. Si l'essai n'est pas concluant, essayez de nouveau à une autre endroit, à une autre période. Attention,  "les adventices" sont des "super héros de la nature" et leur tonicité peuvent "nuire" aux plantes cultivées à proximité car elles prennent facilement toute la place!

LES CRITÈRES D'IDENTIFICATIONS POSSIBLES: 
- physionomie générale de la plante (en aucun cas suffisant)
- odeur (avant et après froissement)
- taille, forme, nombre et couleur des fruits (si la plante a déjà fructifié)
- implantations des feuilles sur la tige (opposées? alternes?)
- taille, forme, couleur, nombre de feuilles (attention les feuilles basales sont parfois différentes des feuilles sur la tige)
-  taille, forme, nombre de pétales de la fleur
- physionomie de la tige (couleur, striée, carrée, creuse, laiteuse, ligneuse?)
- plante glabre ou velue?
- environnement (zone humide, sous-bois, friche...)
Cette liste n'est pas exhaustive.



RIEN DE VAUT UNE, DEUX, TROIS SORTIES avec un cueilleur confirmé. Même si cette personne n'est pas un botaniste expert, elle doit avoir une expérience longue et régulière de la consommation des plantes sauvages. Si en plus elle a des notions des botaniques, c'est la cerise sur le gâteau.

LES PLANTES TOXIQUES: travaillez autant les plantes toxiques que les autres. Une fois que vous savez les identifier avec certitude, vous êtes plus tranquilles. En cas de doute après une ingestion malheureuse ou signes d'intoxication: 

Centres Antipoison et de Toxicovigilance
02 41 48 21 21
05 56 96 40 80
0800 59 59 59
04 72 11 69 11
04 91 75 25 25
03 83 22 50 50
01 40 05 48 48
03 88 37 37 37
05 61 77 74 47

OÙ LES CUEILLIR?
Dans la nature, certes, mais la nature n'a plus grand chose de "naturel" de nos jours... Il faudra prendre en compte l'épandage, les traitements, les gaz d'échappement, les eaux souillées... et sans doute beaucoup d'autres pollutions dues à l'activité humaine. Il faudra également se rappeler que l’échinococcose se transmet essentiellement par l'urine et les excréments des chiens. Vous vous rendrez compte que la tonte, celle pratiquée par le jardinier, mais celle aussi des communes pour garder nos chemins "propres", sont les ennemis jurés du cueilleur!  Bref, à vous de fureter pour identifier les "bons coins", toujours le plus loin possible de la circulation automobile. Mes préférés sont les petits chemins encaissés, où les tracteurs et les tondeuses ne passent pas, et dans lesquels on peut cueillir en hauteur. Mais aussi mon propre jardin, à moitié cultivé, à moitié sauvage...

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